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réflexions du carnet de bord / ajouts

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démarche et réflexions
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participants

Description du projet

Durant cette expérimentation, j’ai manipulé le processus de création de mes étudiants de manière à ce qu’ils ne sachent pas où se dirigeait le projet envisagé, c’est-à-dire, une affiche sur le trouble de l’aphasie. J’ai décidé, au départ, que la démarche serait priorisée et que le résultat final serait secondaire, dans le but de laisser toute la place au processus.

Les onze participants ont reçu des sujets théoriques et plastiques, à aborder, tous en lien avec l’aphasie; de courtes consignes écrites leur étaient données à partir d’un carnet de bord personnel dans lequel ils pouvaient dessiner, concevoir et écrire, particulièrement sur les réflexions et les émotions qu’ils vivaient par rapport aux thématiques, au projet, à mes interventions. Il leur était interdit de discuter entre eux de ce projet, ce qui déstabilisa le groupe tout en donnant au projet une impression de «mission secrète».

Malgré le défi et le goût de participer à ce projet en dehors du cadre scolaire habituel, la frustration des individus fut vite ressentie laissant place à une démotivation grandissante. Pour la plupart, c’était la
première fois, en graphisme, qu’ils étaient confrontés à des sujets théoriques et à un projet qui les obligeait à s’autodiscipliner, à réfléchir et à comprendre par
eux-mêmes des sujets abstraits. Certains vivaient aussi avec la contrainte d’un manque de temps, et les priorités ont vite tourné à autre chose.

constat

Le diagramme présente ma perception de la motivation très élevée du groupe en début de projet versus la satisfaction du travail accompli en fin de projet. Les étudiants du collégial doivent être encadrés de manière serrée, sinon l’immobilisme s’installe lorsque les priorités sont mal gérées. Par contre, les idées présentées étaient différentes à cause de l’interprétation des thèmes, avantage de ce processus de travail.

 

Légendes des textes

Normal : Texte provenant des carnets
Gras : Ajouts de réflexions (octobre 2011)

 

— Pica 3 —

13 mars 2011

 

 

Le processus

Note : 2 novembre 2011

Dans le cadre du magazine Pica 3, ce projet personnel fut élaboré par moi-même, Annie Bastien, et soumis au comité de sélection. Le projet ayant été retenu, les participants furent sollicités parmi les étudiants finissants d’un de mes groupes de graphisme au Cégep Marie-Victorin. De manière volontaire, tous les participants ont joué le jeu parce que le projet les intéressait. Le processus de chacun était élaboré en dehors des heures de cours normales.
Le matériel présenté ici ne fut aucunement utilisé à des fins commerciales et n’est qu’une représentation d’un processus de création personnel à chaque auteur. Tous les droits d’auteurs appartiennent aux auteurs eux-mêmes (lire respectivement les participants et Annie Bastien) sauf pour les images qui ont servi d’inspiration pour le processus qui appartiennent aux créateurs initiaux. En aucun cas, il n’y a eu de violation des droits d’auteurs. Si vous vous sentez lésés, veuillez me contacter : info@anniebastien.com

Les réflexions contenues dans les carnets appartiennent aussi aux auteurs et leurs opinions ne les concernent que personnellement. En aucun cas, ces opinions n’ont voulu nuire ou blesser quiconque. Les réflexions de ce projet nécessitaient une part de vérité, de la part des auteurs, pour être valables et bien présenter le processus vécu par chacun.

Ce site Web fut entièrement conçu et réalisé par Annie Bastien.

Dimanche 13 mars

19 h — Rencontre avec les gens
et collaborateurs de Pica 3

J’arrive à 19 h, tel que prévu, mais au St-Élizabeth, il y a déjà un autre groupe et je me sens confuse. Je crois que je me suis trompée d’heure, qu’ils ont changé de lieu. Bref, je ne suis pas contente.

Finalement, ce n’est pas le cas. Tout le monde arrive
et on s’installe.

Beaucoup de bruits, je n’entends rien. Les organisateurs prennent pour acquis qu’on se connaît tous. Erreur.

Quelques petits groupes se forment. Serina (Tarkhanian) vient jaser avec Aurélie (Painnecé)
et moi. On se présente, discute de nos projets, parle de nos backgrounds. Finalement, ça devient sympathique, moins snob qu’à première vue. J’avais cette impression de ne pas «fitter», parce que je ne connaissais personne sauf deux ex-étudiants
(Ugo Varin-Lachapelle et David Tremblay).

L’UQAM a changé. Je le constate de mes yeux après
qu’on m’en ait parlé tant. Mais moi aussi j’ai changé,
après 15 ans.

Samedi 19 mars

10 H — PLANIFICATION DE PROJET

Onze étudiants se joindront à moi pour travailler sur notre double page allant dans le magazine Pica 3.

Quand j’ai soumis mon projet à Pica, j’ai parlé que je voulais recueillir des traces du processus. Je veux aussi altérer le processus en intervenant auprès des individus en les encourageant ou en les dérangeant. Bref, je veux les déstabiliser et les faire noter leurs sensations face à ce que je leur donnerai comme instructions et commentaires.

La production comme telle est secondaire, mais il faut qu’elle soit intéressante quand même et présente une manière nouvelle de communiquer.

En écrivant ceci, une idée me vient : créer une police de caractères. À onze, je crois qu’on pourrait arriver à faire quelque chose d’unique. Par contre, ça ne peut pas être une fin en soi, mais un des éléments à produire qui sera amalgamé au reste.

J’aimerais aussi faire une affiche. Mais quel thème? Peut-être ce qui vient de se passer au Japon (tremblement de terre, tsunami et crise nucléaire) pourrait canaliser notre énergie. Ça serait d’actualité tout en nous amenant vers une sémiotique signifiante au niveau des codes utilisés. Par contre, ce n'est rien de neuf. On ne sera pas les seuls designers à faire un tel projet.

Faire du culturel est aussi intéressant, mais qu’avons-nous à dire? Je pourrais toujours faire travailler les finissants sur l’affiche de leur expo. Ça pourrait leur donner un vrai coup de pouce, surtout qu’ils ne sont pas très avancés et je trouve que leur processus stagne, car ils ne sont pas encadrés par les professeurs. Je ne peux pas me cloner, même si c’est ce que je devrais faire. Mon plus grave problème ces temps-ci est que j'ai le goût de tout faire.

Voici la liste des participants:

• Claudia Cécil
• Xavier Vézina
• Jessyka Bougie-Willard (UQAM)
• Frédéric Mathieu
• Gabriel Lavallée (UQAM)
• Carl Douville-Belleau (UQAM)
• Stéphanie Forget (UQAM)
• Véronique Pelletier
• Frédérique Brunet-Doré (UQAM)
• Eliane Lenneville
• Mario Bouthat (UQAM)

(UQAM) > ceux qui présentent un portfolio

Je vais me laisser encore un peu de temps avant de figer le projet. Je revois mes étudiants jeudi prochain. J’aimerais qu’on amorce le projet à ce moment, comme ça on aura plus de temps.

Livraison: 2 mai 2011

Dimanche 20 mars

8 h 45 — Brainstorming sur le projet

Ça se bouscule dans ma tête. J’ai tellement le goût
que ce soit un projet qui se démarque par sa facture et son exploration.

Est-ce qu’étendre le thème serait une bonne idée?
Durant la dernière année, il y a eu plusieurs tremblements de terre majeurs dans le monde (Japon, Chili, Haïti, Nouvelle-Zélande). Deux sont très médiatisés, les deux autres sont peu connus.

Je regarde les nouvelles et les conflits en Orient m’interpellent aussi. La Libye, la Tunisie, l’Égypte, le Bahrein, le Yémen. Conflits, mais espoir et liberté. De magnifiques thèmes.

Pour explorer, je pourrais mélanger un élément d’actualité avec une œuvre (cinéma, littérature, peinture).

D’ailleurs, quels sont les 7 arts? Grâce à Google, il est maintenant facile de faire des recherches. Et les péchés capitaux ne sont-ils pas 7 aussi? Intéressant.

Trouver un thème de projet pour des étudiants n’est pas une sinécure (d’ailleurs, comment s’écrit ce mot?).

Construire/Détruire-Déconstruire/Reconstruire

Trouver un thème est difficile, car il doit stimuler et inspirer les étudiants à pousser plus loin leur créativité et à embarquer. Je crois que dans mon groupe des onze, j’aurai un «core» de 2-3 étudiants qui veulent vraiment. Ça, c'est stimulant. Je veux les amener à réfléchir, à trouver une manière nouvelle de communiquer visuellement. Quel défi! Vais-je arriver? Est-ce que je me mets trop de pression? C'est fort possible.

13 h 30

Série sur les grands personnages historiques

Lundi 21 mars

12 h — Recherhe de sujet

Je réfléchissais ce matin dans mon lit, malade. Pourquoi ne pas faire comme les profs d’université en faisant travailler les étudiants sur mon propre sujet de recherche, l’aphasie? Ça me donnerait un autre point de vue graphique sur le sujet. Évidemment, je les citerais dans mon mémoire. J’ai juste peur qu’ils pensent que je vais voler leur travail. Ce n’est pas du tout ce que je veux faire, mais je trouve en même temps que sortir de mon isolement graphique me fera sortir de mes stéréotypes et mon unique point de vue. Je dois continuer la réflexion. Finalement, rien ne servira, ni pour le mémoire, ni pour une affiche.

16 h 45 — Camaïeu

«La sémiotique du langage», Joseph Courtés, p.75

17 h 10 — Opposition vie/mort

Mardi 22 mars

11 h 30 — Définition du projet

Je crois avoir trouvé la solution. En mai, à la fin du mois, il y aura la semaine québécoise de sensibilisation à l’aphasie. L’AQPA aimerait avoir une affiche. Pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable. C’est une cause que j’appuie. C’est un projet qui pourrait être imprimé.
Le thème est un thème abstrait, parfait pour l’expérimentation. La création d’une police étrange serait appropriée. Voilà. En prenant mon temps, en mettant sur papier mes réflexions, le sujet s’est imposé par lui-même.

Aujourd’hui, je vais définir le projet et préparer les journaux de bord pour chacun des étudiants.

Je suis contente.

11 h 40 — Noir sur noir

13 h 10 — Spécifications du projet

Quoi: Affiche

Affiche pour la semaine québécoise de sensibilisation
à l’aphasie

Volet 1: Police de caractères

Développement d’une police. Chaque étudiant développera des lettres spécifiques. En fin de compte,
une police complète sera créée. Je la produirai dans Fontographer ou je le montrerai à un étudiant.

Volet 2: Création

Création autour de thèmes abstraits entourant reliés à l’aphasie. Les étudiants ne connaîtront pas le thème réel, mais seront confrontés à l’abstraction. Je vais les mettre dans des situations et ils devront s’exprimer là-dessus. Par exemple, je pourrai leur demander de faire un visuel sur l’incompréhension. Ensuite sur l’incapacité à parler, sur la déconstruction de mots, de phrase, etc. (néant)
À chaque semaine, je vais les alimenter avec une thématique différente.

Temps: 30 jours (1 mois)

L’expérimentation se fera sur 30 jours. Du 24 mars au
21 avril. Ensuite, j'aurai 2 semaines pour «packager»
le DPS pour le magazine. Il est possible qu’il y ait grève
le 31 mars. Je vais quand même donner (proposer) un atelier. Au total, nous aurons 5 jeudis, s’ils veulent de l’atelier. Sinon, rien ne m’empêche de prendre une semaine de plus avec eux et de commencer textes et mise en page parallèlement. Si l’affiche finale a du potentiel, je la soumettrai à l’AQPA, qui pourra la faire produire et l’utiliser. Une autre motivation pour
les étudiants.

Volet 3: Cahier de bord

Je dois préparer les 11 cahiers de bord pour les remettre aux étudiants jeudi.

Sur ce cahier de bord, je vais y mettre leur nom. Je vais aussi expliquer la démarche sans nommer le projet. Je vais expliquer aussi la raison d’être du cahier de bord : faire des croquis, mais surtout nommer les réflexions qu’ils auront par rapport aux consignes et au projet. Je vais les déstabiliser. Ça les importunera, mais ça les confrontera avec la réalité des projets réels, ceux qu'on fait en agence, ceux qui sont critiqués (avec ou sans raison). Ces traces seront précieuses. Elles me permettront de faire le point et de valider certaines attitudes. Sur ces constats, je pourrai ensuite utiliser le produit et les impressions pour développer la DPS en soi. Le projet n’est pas important. Il n'est pas une finalité en soi, mais un canal de production de processus. Comme c’est un projet «réel-fictif», s’il n’y a rien de bon dans sa finalité, ce n’est pas grave. Nous aurons essayé, nous aurons expérimenté, nous aurons surtout des traces
du processus.

(Pas nécessairement dans l’ordre)
Consigne #1 = police de caractère (lettres attribuées)
Consigne #2 = déconstruction (de code, de signe)
Consigne #3 = néant
Consigne #4 = noir sur noir
Consigne #5 = incapacité de parler
Consigne #6 = incompréhension de code
Consigne #7 = mauvaise interprétation
Consigne #8 = névralgie
Consigne #9 = sans voix
Consigne #10 = synapse
Consigne #11 = # Fail
Consigne #12 = désarroi-désespoir

Mercredi 23 mars

21 h 30 — Distribution des tâches

Police

Consignes (semaine 1)

Dimanche 27 mars

23 h — Réflexions

J’ai donné le projet aux étudiants jeudi passé. Je les ai conquis, voire séduits. Ils sont été emballés par le projet, se sont sentis uniques et privilégiés avec les carnets de bord personnalisés que je leur ai donnés. Je suis contente qu’ils soient motivés. Ils ont l’impression d’avoir une mission unique, car chaque étudiant a des tâches différentes des autres. Je leur ai aussi demandé de ne pas en parler aux autres sauf à moi et à leur carnet. J’ai aussi créé un groupe Facebook que je tenterai d’alimenter avec des éléments inspirants. Cette semaine, je ferai sûrement un atelier lors de la journée de grève (des étudiants). J’aurai sûrement de nouvelles consignes à leur donner. J’espère.

Mardi 29 mars

9 h 50 — Consignes (semaine 2)

Est-ce que ces nouvelles consignes sont trop avancées? Trop scientifiques, trop abstraites? J’en ai bien peur, mais je pourrais être surprise. Dans l’ensemble, c’est très corsé (pour leur niveau), mais si on prend chaque point individuellement, je crois que ça se gère mieux. Je vais aussi reprendre les thèmes de la semaine 1 et les redistribuer. Ça donnera plus de substance.

Mercredi 30 mars

12 h 30 — Premier abandon

Hier soir, j’ai reçu un courriel d’un des étudiants (Mario Bouthat) qui se retire du projet. Hum. Je ne suis pas contente. Surtout que c’est un des meilleurs qui se retire. Ils sont tous bons, mais j’avais de grandes ambitions pour lui, cause de ma déception. Je n’ai pas essayé de le convaincre, ses arguments sont bons :
il trouve que ses projets de portfolio pour l’UQAM ne sont pas à la hauteur. Moi je trouve que c’est plate pour lui. C’est une belle opportunité de sortir du cadre de travail habituel au cégep où tout est régi, encadré et très technique. Quand j’étais étudiante, je voulais faire partie de ce type de projet. C’est prestigieux et excitant. Peut-être ne se sent-il pas à la hauteur. Pour l’instant, je n’entends que des paroles et je ne vois rien de concluant. Ce n’est pas vrai, Mario est un designer très talentueux et il aura sûrement une prolifique carrière. J’étais déçue et c’est cette déception que vous pouvez lire. Heureusement, mais je n’y étais pas obligée (de trouver un autre participant), je me suis trouvé une remplaçante (Melissa Gauthier), sa blonde. J’espère qu’elle livrera et lui montrera qu’il s’est trompé d’abandonner ce projet.

Vendredi 1er avril

9 h 20 — Feedback atelier

Je suis stressée et (physiquement) à l’UQAM, mais je vais prendre quelques minutes pour parler de l’atelier d’hier. Ça s’est bien passé. Je croyais voir plus de visuels, mais je sens que l’atelier d’hier les a «starté». Il était temps et c’est une bonne chose. 8 étudiants sur 11 sont venus à l’atelier. Je leur ai donné une nouvelle activité, plus théorique à faire, à comprendre. Ce fut parfois complexe et très abstrait. Je crois que ça les aidera dans leurs études supérieures (ceux qui iront à l’UQAM et Concordia). J’ai du expliquer plus formellement à certains le sens des mots, en relisant et en décomplexifiant les concepts. Pas évident de présenter ça, surtout que c’est hors contexte. Difficile, mais ça m’a permis de voir, par moi-même, que je comprends bien, ou assez bien, les concepts présentés aux étudiants. En même temps, ça me fait une «révision». Pourquoi ne pas utiliser les étudiants un peu? Je ne voulais pas abuser des étudiants, mais plus en tirer un peu de jus et voir, selon
leurs points de vue, comment ils comprenaient
les sujets.

Vendredi 8 avril

12 h 15 — Réflexion autour de l'expérience du Web

Depuis quelques jours, je fais «beaucoup» de lectures autour du Web. Voici quelques réflexions retenues.

(page de gauche
Susan Weinschenk, phd psycho, Penn State U.
«Neuro Web Design»
Blogue)

  • Le Web propose une expérience.
  • Depuis 15 ans, les gens ont appris à naviguer
    sur le Web et s’attendent à voir certains éléments
    de navigation toujours (ou presque) aux
    mêmes endroits.
  • La rétention d’attention se détériore en 10 min. Elle plafonne de manière égale et après 45 minutes tend à augmenter légèrement.
  • Les gens, les groupes de gens, s’influencent beaucoup entre eux. C'est pour ça que les réseaux sociaux Web ainsi que le Web 2.0 ont autant
    de succès.
  • Joindre un groupe de manière difficile (avec épreuves) tend à rendre le groupe plus intéressant.
  • Moins il y a de gens pour un concours, par exemple, plus les gens pensent qu’ils ont des chances de gagner, plus ils vont mettre des efforts dans ce
    qu’ils font.
  • Les gens aiment sentir qu’ils progressent: une tâche doit augmenter en difficulté (mais pas trop, sinon, ils se découragent).
  • Les gens d’âges différents trouvent des stratégies différentes pour apprivoiser une nouvelle interface ou un nouveau média.
  • De manière cognitive, une phrase peut être isolée d’un texte (ou imbriqué) et reconnue par la police utilisée (graisse différente).
  • Certaines polices se lisent mieux et favorisent l’expérience de l'internaute.
  • Un texte doit toujours avoir un titre, sinon, il est difficile de comprendre son contenu.
  • Le design est le premier élément que les internautes perçoivent comme «professionnel» dans un site. Si le design est «poche», ils prétendent que le site est amateur et non «trustable» (≠ confiance).
  • Les gens, pour se sentir bien, doivent avoir confiance en leur environnement (famille, amis, gouvernement, etc.)
Dimanche 17 avril

17 h 40 — Doutes

Hum, ça fait quelques jours, voire une semaine que je n’ai pas travaillé sur le projet. J’espère qu'on arrivera à temps. Avec l'examen de Français (que mes participants n’avaient pas à faire), cette semaine, je ne vois pas mes étudiants (il n’y a pas de cours lors de l’Épreuve uniforme de français). J’ai «callé» un atelier et j’espère qu’ils seront nombreux à venir. Du moins, j’ai demandé à toute la classe de travailler sur l’aphasie pour leurs cartes exploratoires. J’aurai peut-être du matériel pour l’affiche. J’aurais aimé être plus présente dans le projet. Il me semble que je ne les ai pas assez encadrés, dirigés. Je n’ai rien vu et ça m’insécurise. Cette semaine, il faut qu'il se passe quelque chose.

Jeudi 21 avril

Atelier Pica – 10 h

Ça a pris du temps avant que les étudiants arrivent. Stéphanie, la scout principale, était là, à l’heure!

J’ai décidé, pour faire avancer les choses, de dire aux étudiants présents (Steph, Claudia, Mel, Frédéric, Eliane, Jessyka, Gabriel) ce sur quoi on travaille. On a parlé d’aphasie, de ce qu’est le trouble. J’avais donné ce thème pour la dernière carte exploratoire en Gestion 2, donc la réflexion était amorcée. Je crois que, même si c’est un sujet difficile à comprendre, ça les a allumés. On a regardé l’interview de Jamil pour qu’ils puissent voir un aphasique s’exprimer. Ils comprennent qu’il peut y avoir une gravité à ce trouble, mais qu’il peut aussi être léger. On a aussi fait un tour de table sur les expérimentations et les thèmes abordés. Même si parfois ça partait de tout bord, tout côté, on peut récupérer certaines idées.
C’est super!

Samedi 30 avril

12 h 30 — Création de la DPS

Il ne reste plus beaucoup de temps pour faire la mise en page. Je me demande ce que je vais faire exactement. Jeudi, j’ai réclamé les cahiers (carnets de bord) et je vais les éplucher aujourd’hui.

Je me demande si ça vaut la peine de faire un site Web avec tout le matériel produit. Oui, ça valait la peine et je suis fière du résultat. L’avantage, c’est que ça devient interactif et que je pourrai présenter la production finale aux lecteurs (si production finale, il y a). Malheureusement, pas de production finale. Ouain, en l’écrivant, je trouve que c’est pertinent. En lisant le document des collabos de Pica, j’ai eu l’idée de faire un «timeline». Comme il y a un début et une fin à ce projet, je crois que ça pourrait montrer l’élaboration du projet, le processus, dans le temps

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Il y a un début précis, mais dans notre cas, comme le projet n'est pas terminé, je ne crois pas qu’il y aura une fin précise. Cette fin est lors du lancement du magazine, le 2 novembre 2011. Cette date était inconnue lors de l’élaboration de ce processus.

Je pense aussi à une mosaïque de photos, de dessins, d’écrits.

Je crois que, comme les étudiants, je devrais faire des croquis, des esquisses de ma mise en page.

Je veux aussi écrire la démarche du projet, mettre des citations. Il est possible que je ne remette ma mise en page seulement en fin de journée lundi, car je recevrai le reste des carnets lundi.

J’ai hâte que ça soit terminé, malgré l’intérêt du projet. J’ai mal géré mes priorités cette année et je dois focusser sur les éléments primordiaux. Trop de contrats, d’activités extra curriculum, d’engagement auprès des étudiants. Tout se termine en même temps et je me sens essoufflée. C’est de ma faute, j’ai des problèmes à dire non.
Je travaille là-dessus à chaque jour depuis
et si ce projet m’aura fait prendre conscience
de celà, ce sera déjà un grand pas!

Dimanche 1er mai

12 h 30 — Conception

J’ai fait beaucoup de croquis pour cette DPS. Je crois que j’ai des idées pour documenter en partie le travail fait durant les 50 premiers jours. Je crois que l’avenue du diagramme est intéressante, car elle présente visuellement l’échelle du travail effectué d’un simple coup d’œil. J’aimerais énoncer les thèmes suggérés et présenter une partie du travail fait autour du thème. J’aime aussi toujours l’idée du calendrier et du «timeline» car le processus se déroule dans un temps prescrit. C’est une mélange des deux approches que j’ai créé, finalement. J’ai plein de bonnes idées. Je crois que je travaille mieux et plus fort que les étudiants. Parce que j’ai plus d’expérience, je tourne moins en rond. Je travaille plus mentalement, avant de travailler à l’ordinateur. Est-ce parce que je suis plus âgée et que je connais l’impact d’un passage dans le magazine ou bien est-ce parce que c’est mon projet, mon initiative et que j’ai le contrôle sur la finalité. Il faut dire aussi que la motivation est vraiment externe, non liée l’école et à une note, ce qu’ils n'ont pas l’habitude de faire pour s’autogratifier. Moi, je suis habituée à m’autogratifier et je n’attends pas des sources externes pour sentir la satisfaction du devoir accompli. Au travail maintenant. {ordi}

Mardi 10 mai

11h — Création de l'affiche finale (maquettes)

J’ai mis vraiment le projet de côté et j’ai mis mes énergies ailleurs depuis une semaine. Par contre, maintenant, je dois livrer des maquettes. J’ai reçu des éléments de Frédéric et Véronique. Je vais aussi piger dans les visuels des cartes exploratoires sur l’aphasie (il y avait vraiment de bonnes idées). J’ai fait un briefing très clair à l’équipe, mais ils sont pris dans leur fin de session et de DEC, et ils oublient mon projet. Il aurait fallu que j’intègre directement ce projet dans mon cours, mais c’était impossible à cause de sa date d’arrivée. Je suis quand même contente de l’expérience, qui m’a permis de valider certains éléments comme enseignante (niveau d’autonomie des étudiants et l’encadrement idéal face à un projet). Je suis aussi contente de ma mise en page dans le magazine. J’ai hâte de faire le site Web avec tous les carnets, les croquis, les mots, les photos.